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Parcours d’un non voyant sénégalais picard

par Frédéric Praud

jeudi 6 mai 2010, par Frederic Praud

Cette biographie est le résultat du travail réalisé par Frédéric Praud, auteur, biographe, dans le cadre de son travail de lien intergénérationnel et interculturel en 2008.


Né en 1972 à Rufisque au Sénégal, fils d’un marabout, il a hérité de la cécité de son père ; poussé à faire des études, il vient en France à Amiens, pour étudier la sociologie. Élevé entre village et ville, son père est convaincu de l’importance de l’instruction, et s’assure que son fils soit éduqué sans faire de différence, afin qu’il puisse être intégré et indépendant, et échapper ainsi à la place habituellement dévolue aux handicapés visuels, à savoir la mendicité. Il est envoyé à l’internat pour aveugles ; rebelle et indiscipliné, il grandit avec cet état d’esprit jusqu’au décès de son père. Il se rend compte alors de sa chance, et se met au travail. Il s’inscrit à l’université de Dakar en sociologie. Souhaitant étudier en France, il se bat avec d’autres étudiants aveugles, pour obtenir des bourses, jusque là détournées par les. tenants des pouvoirs. Réussissant à obtenir gain de cause, il s’installe à Amiens ; malgré une adaptation difficile, il poursuit ses études en sociologie, puis ethnologie et science de l’éducation. Il cherche à présent à s’investir dans une ONG, afin de mener des créer des programmes d’éducation intégrative.

Plan de l’ouvrage :

Des origines nobles à Rufisque ; Origine paternelle, la noblesse sérère ; L’honneur en héritage ; Le Sénégal, un brassage ethnique, Lémous, Peuls, Guétnas, Yonitcas ; Les wolofs, de l’animisme à l’islam ; Ma grand- mère Peule ; Naissance de mon père, atteint de déficience visuelle ; Mon père, un marabout ; Pas de classe pour les déficients visuels, mon père écoute le français à la porte ; L’école coranique, Dara, Talibé, Rabatta… ; Pratique des marabouts, tidhianes, mourides, arèpe… les talias, yésibas, rorales…

Le débarquement de De Gaulle à Dakar ; Le camp de Thiaroye, l’exécution des tirailleurs sénégalais qui ont libéré la France ; L’indépendance ou le symbole de la désillusion ; Certains demandaient mais quand on va finir l’indépendance ?

Les origines maternelles Sérére ; La parenté, 19 frères et sœurs avec les remariages ; Je porte le nom de famille de mon père, mais j’appartiens à la famille de ma mère ; Circoncision et rites de passage

Les souvenirs d’enfance : tombé sur la voie ferrée alors que le train venait ; Les conditions de vie sont modestes car la famille est nombreuse ; Evoluer avec et grâce aux autres : malgré ma cécité, je gagnais à la nage car on me disait où aller ;

Les odeurs de la mer, du poisson fumé, des manguiers ; Les sons de l’enfance, les chiens errants qui aboient, les coups de pilon du matin, le muezzin ; Je suivais le sillon des eaux de pluie pour ne pas me perdre ; Vivre avec son handicap, considéré comme un non-productif donc utiliser son intelligence ; Les plats culinaires , le mil traditionnel, ou riz/poisson ; Les différences religieuses et culturelles ;

Une vision tronquée de la France, ceux qui revenaient nous contaient un pays idyllique ; Les francinabés de retour ; La télévision arrive à la maison en 1980 ; Les premiers émois ;

L’institut pour les non-voyants : je faisais le mur la nuit pour aller danser ; Michel Coulibaly a beaucoup fait pour moi ; Le chat, animal totem de Rufisque, le rap (l’esprit de la ville) ; L’importance des études, et le décès de mon père en 1987 ; Manifestations lycéennes, interné et frappé par la police ; Les rêves d’un jeune de seize ans : venir en France pour faire mes études ; Perception et sensation, vivre son handicap ; Les relations avec les femmes, je ne voulais pas être un sujet de pitié alors je draguais ;

L’université de Dakar à 25 ans ; Venir en France, l’obtention des bourses… souvent détournées par les enfants du pouvoir ; Faire parler de soi pour obtenir l’aide financière nécessaire aux études ; Soutenu par les journalistes, la situation se débloque ; Réussir en France même en étant aveugle ;

Arrivée à Paris le 21 octobre, j’avais tellement froid ! ; L’odeur du métro, se perdre facilement dans des rues qui se ressemblent ; Le oui et le non n’ont pas la même signification qu’au Sénégal ; Tu parles comme Molière ! ; L’arrivée sur Amiens, une nuit sans fin car le soleil n’est plus là ; Tu connais une personne un jour et elle ne te parle plus le lendemain ! ; Difficile de s’intégrer avec un handicap en plus ; J’ai pleuré mon pays

J’ai choisi les études aux soirées avec la communauté : se toubabiliser ! ; Certaines de mes camarades du pays me volaient, profitant de mon handicap ; Des rapports sociaux fondés sur l’intérêt ; Etudes de Sociologie, d’ethnologie et perspectives de travail en ONG ; Mon mariage au Sénégal ; Message aux jeunes : faire attention aux différences.

Récit réalisé par Frédéric Praud, auteur

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