ECRIVAIN PUBLIC BIOGRAPHE - PAROLES D’HOMMES ET DE FEMMES

Abolition de l’esclavage et histoire des Antilles, Martinique, Guadeloupe

la fin de la traite des noirs

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mardi 4 août 2009, par Frederic Praud

En accord avec les historiens, pas moins de 12 millions d’africains furent déportés de leur continent aux Amériques par la traite Européenne entre le milieu du XVIIème siècle et les années 1850. En France, ce commerce triangulaire a fait la fortune des ports de Nantes, La Rochelle et la ville de Bordeaux. Les expéditions ralliaient les côtes africaines pour échanger leurs marchandises contre des esclaves. Au terme d’une traversée de l’Atlantique qui pouvait durer de trois à treize semaines, les négriers regagnaient la France chargés de produits coloniaux (coton, cacao, sucre...)

Le 27 avril 1848, la IIème République Française proclame l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Le décret préparé et porté par Victor Schoelcher prendra vraiment effet :

*le 22 mai en Martinique *le 27 mai en Guadeloupe *le 10 juin en Guyane *le 20 décembre à La Réunion

En 1790, les colonies françaises comptent 735000 esclaves dans les plantations aricoles pour la plupart. L’intérêt des planteurs et des armateurs négrier ont ralenti le mouvement d’émancipation né avec la Révolution Française. La première abolition a eu lieu en 1794, avant que Napoléon Bonaparte ne rétablisse l’esclavage en 1802. Les luttes armées qui commencent à Saint Domingue, lancent un mouvement de résistance à la servitude dans les colonies. Toussaint Louverture, symbole des luttes abolitionniste, mènera les luttes de Saint Domingue jusqu’à l’indépendance de la colonie en 1804. Le marronage représenta également une forme de résistance individuelle trouvée par les esclaves pour lutter contre l’asservissement.

A la fin du XVIIème et jusqu’en 1848, les révoltes armées et le ralentissement de la production vont miner le système du travail forcé par la servitude. Parallèlement, dans l’hexagone, le mouvement des idées issues de la philosophie des lumières s’enracinent pour amener à la Révolution de 1848 : Suffrage universel, République, instruction civique et abolition de l’esclavage seront les idées véhiculés par ces intellectuels, qui, comme Victor Schoelcher resteront les pères fondateurs de la République fondée sur l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme : "Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit "

Entre 1789-1794

1788- A la veille de la Révolution, le courant abolitionniste en France est défendu par la société des Amis des Noirs. Elle regroupe plus d’une centaine de membres dont L’abbé Grégroire, Condorcet, La Fayette, Mirabeau et le juriste Sonthonax.

26/08/1789- Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le cas des colonies fut oublié.

15/05/1791- Assemblée constituante adopte les droits politiques des gens de couleurs nés de père et de mère libre (soit 5 à 6% d’entre eux).

Chez les Noirs, un soulèvement dans la clairière de Bois-Caïman à Saint Domingue, mené par Bouckman. L’île est à feu et à sang pour plusieurs années. ce fut cet esclave qui, dans la nuit du 22 août 1791, rassemble au cours d’une grande cérémonie vaudou, des milliers de noirs et appela au soulèvement. Dans la matinée du 23 août l’insurrection est générale. Huit jours après le bilan : deux cents sucreries et six cents caféières détruites, des centaines de blancs massacrés. Il ne reste plus aux blancs que le Cap, ville hâtivement transformée en camp retranché et dans l’assaut de laquelle tombera Bouckman.

Alors que les colons arrivent à circonscrire la rébellion à l’Est et au Sud de l’île, émerge au premier rang Toussaint-Louverture. Il n’eût de cesse de discipliner la révolte, d’élever son niveau politique, de l’élargir en révolution, avec un seul mot d’ordre : la liberté générale et une devise " vaincre ou mourir pour la liberté ". En 1793, pour faire face aux colons et pour organiser une armée bien à lui, il traitera avec les espagnols, en guerre contre la France et possesseur de l’autre moitié de l’île.

28/09/1792- La Constituante abolit l’esclavage en France (mais pas dans les colonies).

1793- Arrivée de Sonthonax à Saint Domingue, qui profite de l’éloignement pour abolir l’esclavage dans l’île le 29 août et organise l’élection de plusieurs députés dont celle d’un Noir, Jean-Baptiste Belley (Photo ci-dessous)

1794- La Convention adopte un décret abolissant l’esclavage.

Entre 1802-1848 20/05/1802- Napoléon rétablit l’esclavage et envoie ses soldats dans les colonies. La Guadeloupe et la Guyane sont reprises en main. A Saint Domingue, le Général Leclerc doit faire face à la guérilla mené par Toussaint Louverture. Juin 1801- Toussaint Louverture fut arrêté et embarqué pour la France où il mourra. L’ordre esclavagiste est rétabli dans les colonies. Après la chute de l’Empire, les grandes puissances abolissent l’esclavage (comme l’Angleterre en 1833). En France, si la traite continue, les courants anti-esclavagistes se multiplient.

1830- Sous la monarchie de juillet , Victor Schoelcher, un député d’extrême gauche farouchement opposé à l’esclavage commence à se faire connaître.

1848- Proclamation de la IIe République. François Arago obtient le ministère de Marine et nomme Schoelcher sous-secrétaire d’Etat chargé des affaires coloniales (en mars). 27/04/1848- Au nom du peuples français, le gouvernement provisoire signe le décret définitif d’abolition inspiré par Schoelcher.


C’est un travail qu’il est difficile sinon impossible à conduire. On connaît généralement les lieux de traite mais on ne sait pas quels étaient réellement les captifs vendus. Il est parfois difficile de retrouver ces noms qui ont parfois disparu. Pour implanter les lieux ayant expédiés des esclaves vers les Caraibes.

Pour savoir l’origine des esclaves les documents des capitaines négriers assez précis sur les lieux, sont totalement imprécis sur les origines ethniques. Les esclaves venaient de l’intérieur par des caravanes de marchands d’esclaves.

Mais ces documents sont plus précis que les appellations données à la Martinique aux esclaves débarqués, où souvent le fait que des esclaves parlent la même langue suffisait à les déterminer. Or on sait qu’il existait en Afrique des langues vernaculaires parlées par différentes ethnies en plus de leur propre langue. Le plus souvent on se basait sur des caractères morphologiques et sur des scarifications pour déterminer l’origine des nouveaux débarqués.

Pour aller plus loin faute de documents précis, il faudrait année par année, et en prenant chaque lieu de traite, interroger l’histoire de ces pays d’Afrique, pour savoir si des guerres avaient eu lieu à cette période, et qui avait alors été vaincu. Il y a une forte chance que la majorité des captifs aie été partie des populations vaincues.

Mais il y a aussi des guerres de succession, et les prétendants écartent des groupes rivaux en les réduisant en esclavage et en les vendant. (Cette mésaventure est arrivé plus tard à la Mère du futur Roi Guezo, et tout un groupe de dignitaires et de prètres dahoméens qui furent expédiés au Brésil.)

Prenons les cas des esclaves embarqués en Guinée, Sierra Leone, et à Mesurade. Dans cette zone, qui correspond aujourd’hui à la côte d’Afrique de Free-Town en Sierra Leone à la limite actuelle du Liberia, et une partie de la côte d’Ivoire, les anglais y étaient les maîtres du commerce. Il est un peu surprenant de trouver un si grand nombre d’expéditions vers la Martinique en provenance de cette origine.

En terme d’ Ethnies, les « Sosos », les « Téménés », les « Kisis », les « Miserables » déformation de Mesurade, parfois appelés « Cangas », les « Yacoubas », les « Shebrous » venaient de cette zone.

Plus au sud est la Côte des Dents, correspond à la Côte d’Ivoire au Ghana, et au Togo actuel. C’est véritablement à partir de là que les français vont implanter des lieux de traite.

Bien que des cartes avant donne une certaine idée de la façon dont au début du XVIII° siècle les marchands d’esclave européens voyaient la répartition des populations à l’intérieur, on ne peut pas aisément en tirer une information exploitable sauf qu’à coup sur, les européens ont su largement jouer des rivalités entre les diverses populations à leur profit. Il est clair que les conflits entre ces populations ont servi les desseins des négriers.

Revenons à la région de Juda, celle qui a été à l’origine de la grande majorité des opérations de traite vers la Martinique. On sait que Juda a été le principal port d’embarquement d’esclaves pour la Martinique.

Le problème c est que l’on ne sait pas si les captifs de Juda sont des « Fons » des « Aradas » très recherchés, des « Nagos », des « Barbas », des « Cotocolis », des « Mahis » ou des « Popos », ou peut être même d’autres ethnies.

Dans la Région de Banny et Calbany, (correspondant au Nigéria actuel) ce pourrait être surtout des « Ibos » qui furent embarqués.


Les histoires des Antilles sont liées, donc à la colonisation européenne et à l’esclavage pratiqué durant plusieurs siècles par les Espagnols, les Anglais, les Français et les Hollandais. Néanmoins, la présence humaine aux Antilles s’est manifestée bien avant l’arrivée des Européens.

Les Ciboneys : Quelques 3500 ans avant JC : des hommes pénètrent dans l’arc caraïbéen, appelés Ciboneys (ou syboneys), ils étaient de l’ère précéramique. Des vestiges archéologiques, en particulier des pierres, témoignent de leur présence.

Les Huécoïdes : Vers 700 à 500 avant JC : Les Huécoïdes viennent en provenance des Andes précolombiennes. Ils apportent le manioc dans l’île puis partent vers Porto-Rico.

Les Arawaks : Entre 300 et 700 ans après JC : Une nouvelle migration, très importante en nombre, arrive en provenance du delta de l’Orénoque : les Arawaks ou Tainos, un peuple indien originaire de l’Amérique du sud.

En 295 (avant notre ère), une éruption de la montagne Pelée fit fuir les Arawaks qui quittèrent alors la Martinique et ne revinrent sur l’île que vers l’an 400. D’ailleurs, une soixantaine de sites arawaks ont aujourd’hui été inventoriés et ils témoignent de l’existence de villages habités arawaks.

La traduction littérale de Taïno signifiait : "bon", "noble".

Ces indigènes sont en fait de lointains descendants de la civilisation Saladoïde qui, suite à de nombreuses évolutions et de nombreux voyages arrivèrent dans les Grandes Antilles.

Leur territoire s’étendait des Bahamas jusqu’à Porto Rico en passant par Haïti / Saint Domingue, Cuba et la Jamaïque.

Dans un espace géographique aussi vaste, la culture Taïno présentait des différences locales et spécifiques sur un fond culturel commun.

Tous les experts s’accordent sur le fait que l’organisation sociale, politique et religieuse des Arawaks, l’expression de leur art, la structure de leur économie, faisaient d’eux sans aucun doute le groupe d’indigènes le plus développé de la région antillaise.

Ils possédaient un répertoire varié d’expression d’art dans divers domaines : sculptures, céramiques, joaillerie, danses, musiques et poésies.

C’était un peuple paisible, sédentaire, très évolué, pacifiste et très hospitalier.

Les Arawaks étaient empreints d’une grande sagesse et vivaient en parfaite harmonie avec la nature.

Ils vivaient essentiellement de l’agriculture, de la chasse et de la pêche.

Bien que le manioc (Yuca) était leur nourriture principale, ils amélioraient leurs repas de nombreuses façons : haricots, fruits, produits de la chasse et de la pêche. Ils cultivaient le coton, qui leur permettait de confectionner les hamacs dans lesquels ils s’allongeaient, mais aussi des cordes de fibre.

Quelques traces de leur existence demeurent encore visibles aujourd’hui, notamment en Guadeloupe à Trois Rivières, au site des Rochers Gravées.

La Basse-Terre présente la plus grande concentration d’art rupestre de toutes les Petites Antilles.

Ainsi, des archéologues ont trouvé en Martinique et dans le reste des Antilles des outils en pierre dont l’appartenance est attribuée aux Amérindiens, leur ancienneté étant estimée entre 3000 à 3500 ans. En réalité, l’histoire connue de l’île commença quelque 1500 ans avant Christophe Colomb quand s’y installèrent les Amérindiens arawaks originaires des côtes vénézuéliennes.

Fin du VII ème siècle après JC, un autre peuple envahi la région : les Caraïbes.

Migrants de l’Orénoque,(des Guyanes), les indiens Caraïbes (Karibs) ou Kalinas (guerriers) sont des peuples guerriers redoutables. Ils vont conquérir toutes les petites Antilles en exterminant sur leur passage les premiers habitants connus des îles.

Les caraïbes étaient de surcroît cannibales (le nom indien de Kalinas, hommes féroces, a donné par altération en espagnol “Canibal”).

Le tempérament guerrier des Caraïbes s’exprima de façon redoutable face aux Arawaks qu’il exterminèrent systématiquement et impitoyablement.

Au court de leurs raids sanglants contre les Arawaks, les indiens Caraïbes épargnèrent cependant les femmes - non pas par galanterie, mais pour uniquement les conserver intacts ... à des fins personnelles..

Les premiers colons eurent ainsi la surprise d’entendre parler deux langues distinctes chez les mêmes indiens : la langue Caraïbe pour les hommes et l’Arawak pour les femmes.

Les caraibes auraient nommé la Guadeloupe du nom de Caloucaera (Karukera) signifiant « l’île aux belles eaux ». La Martinique Madinina, « l’île aux fleurs », Madiana, Matinite et enfin, par influence de l’île voisine de la Dominique, le nom est devenu Martinique. Selon l’historien Sydney Daney, l’île aurait été appelée « Jouanacaëra », par les Caraïbes, ce qui signifierait « l’île aux iguanes » Pour HaÏti, ils auraient nommé leur île, selon le cas, Ayiti, c’est-à-dire « Terre des hautes montagnes », Quisqueya et Bohio. Lorsque Christophe Colomb aperçut cette île pour la première fois, l’île d’Ayiti comptait probablement quelques centaines de milliers d’habitants.

Ils vivaient dans des maisons appelées Carbet. Ils se nourrissaient de racines (ignames, patates douces), de " Kassav" (galette de manioc) et de pêche.

On a mis au jour leurs armes, leur vannerie et leur poterie de technique "colombin", (datées de 600 à 1500 environ) à Morel, à l’Anse à la Gourde et à Grande Anse. Ce sont ces indiens Caraïbes, guerriers invincibles, et excellents navigateurs qui habitaient l’île, lorsque Christophe Colomb débarqua pour la première fois en 1493, à Capesterre-Belles-Eaux.

Lorsque Celui ci débarqua en Martinique, le 15 juin 1502, (lors de son quatrième voyage), il fit la connaissance des Caraïbes puisque les Arawaks avaient déjà disparu depuis le XIIIe siècle. Redoutant les terribles Caraïbes pour leur anthropophagie, Colomb quitta l’île et, par la suite, les Espagnols ne s’intéressèrent plus à la Martinique. Ainsi, ils laissèrent la place aux Français et aux Anglais.

Christophe Colomb découvrit l’île d’HaÏti en 1492 et la baptisa Española (« l’Espagnole ») que les cartographes confondront en Hispaniola (« Petite Espagne »). L’île d’Hispaniola fut organisée en colonie par Bartolomeo Colomb — le frère de Christophe — qui fonda, en 1496, la Nueva Isabela (la « Nouvelle Isabelle », du nom de la reine de Castille), laquelle deviendra plus tard Santo Domingo (Saint-Domingue, en français). Les Espagnols soumirent les Arawaks et les Caraïbes à des travaux forcés afin d’extraire l’or des mines. En moins de vingt-cinq ans, les populations autochtones de Santo Domingo furent complètement décimées. Les Espagnols firent alors venir des Noirs d’Afrique pour remplacer les autochtones.

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