Texte Frederic Praud
Française et Sarcelloise avant tout
Je suis née en 1986. Mes parents sont venus en France pour trouver du travail. Moi, je suis arrivée à Sarcelles en 90, à l’âge de quatre ans. Ici, il n’y avait pas beaucoup de monde au début mais après, la population a augmenté et il y a eu beaucoup de mélanges ! Sarcelles s’est agrandie ! Mais si un jour, je déménage, je serais malheureuse parce que j’ai grandi ici, j’ai tout fait ici. Alors, si j’allais dans une autre ville, je ne saurais pas m’adapter…
Á Sarcelles, on ne m’a jamais fait sentir que j’étais une enfant d’immigrés. Moi, je suis française avant tout ! C’est vrai qu’on entend beaucoup cette expression dans les médias mais je ne comprends pas pourquoi. Nous les jeunes, on ne se sent pas vraiment concerné par rapport à tout ça. On ne devrait pas utiliser le terme « enfants issus de l’immigration », parce que nous sommes français ! Nous sommes nés et avons grandi ici ! On a la culture française ! Alors, ce n’est pas la peine de préciser « enfants d’immigrés »… On ne se pose pas ce genre de question, sans doute parce qu’ici, à Sarcelles, tout le monde vient de partout. Il y a beaucoup de mélanges et ça facilite donc les choses. Pour moi, avoir une adresse à Sarcelles n’est pas gênant mais, ça dépend des gens. Pour certains, c’est mal vu ! Ils se disent qu’ici, il n’y a que des voyous ! C’est la délinquance et tatati et tatata, alors qu’en fait, non ! Il n’y a pas que ça !
Être jeune aujourd’hui à Sarcelles n’est pas différent que d’être jeune ailleurs. Nous grandissons normalement ! On va à l’école et tout va bien. C’est une vie normale…
Message aux anciens
Je leur souhaite de continuer leur petite vie tranquille à Sarcelles, que ça ne change pas… Quand je les vois faire des fêtes à quarante ou cinquante, je trouve que c’est bien, que c’est chaleureux ! Il y a des échanges ! Ce n’est pas « chacun reste dans son coin »…
ECRIVAIN PUBLIC BIOGRAPHE - PAROLES D’HOMMES ET DE FEMMES